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Sur un fond de Rock ‘n Roll
Il y a quelques mois je lisais dans Technikart l’interview d’un jeune auteur de 15 ans, Boris Bergmann. Enfant du rock et de la liberté, Bergmann n’a qu’une seule idée : tous nous bouffer !
Technikart l’interviwait pour son premier roman, un journal imaginaire, Viens là que je te tue ma belle. J’ai enfin pu mettre la main sur les 150 pages qui le constituent, j’ai vu, j’ai lu, j’ai vaincu.
Au programme, jeunesse dorée, alcool, premiers émois, bagarres, cul, sueur, Gibus, le tout avec du rock en fond sonore. Autant dire que le sujet est facile. Facile certes mais ce livre m’a fait quelque chose. Il m’a fait réflêchir, même. Cependant à la simple question “tu as aimé” je répondrai par un “je ne sais pas”.
Au lieu de me lancer dans une critique facile, je m’attarderai sur mon ressenti à la lecture et des réflexions portées au crayon sur les pages. avant cela revenons sur la quatrième de couverture :
“Clac, clac, clac, clac,…
J’adore écouter le bruit du talon de mes boots sur le marbre blanc de mon hall d’entrée. Quand je passe devant le miroir, je croise mon doux reflet, glacé dans l’immensité argentée, qui se répète… Qui se répète… Jusqu’à l’infini. Je reste quelques secondes à me regarder. Puis, quand tout est parfait, quand mes cheveux brillent à la lueur des derniers rayons du soleil couchant, quand le khôl noir sous mes yeux fait disparaître les traces de cernes des nuits dernières…
Et seulement à ce moment… Je commence à m’admirer. Je dois être parfait. ”
Le décors est planté.
J’ai trouvé que le terme de “journal imaginaire” était très bien adapté au contenu du livre. Isidore, le “je” du livre, nous conduit à travers Paris de concert en concert, d’aventure en aventure, de shot de vodka et whisky coca. On aime son univers puisqu’on le partage, on a les mêmes références que lui, tout en lui nous rappelle celui que nous étions il y a peu de temps. Mais la réalité m’a semblé toute autre. En effet, j’avais l’impression que Boris était cet Isidore et que Boris donnait vie à ses désirs d’adolescent typique grâce à Isidore. Il ne s’agit que de ça. Un adolescent en crise exprime avec ferveur ce qu’il aimerait être. Quelqu’un d’autre. Celui que tous les adolescents veulent devenir lorsqu’ils tentent de faire le mur en se disant “si seulement…”. Un contradiction subsiste : Isidore est plus jeune aue Bergmann (au début du livre). Le meutre, le sang, le rouge reviennent en permanence. Il s’agit selon moi de la métaphore de la violence de cette période et celle de l’amour aussi. Les phrases sont courtes comme le souffle à cet âge, ce souffle qui traduit l’envie d’agir et l’incapacité la plus complète de le faire.
J’ai revécu mon adolescence en lisant ce livre, j’ai aussi révécu mes premiers concerts, mes premières cuites, mes premiers rêves d’indépendance. Isidore c’est vous, c’est lui, c’est moi. Celui de tous les âges qui est en nous, qui a envie de hurler “MERDE” au monde, un mirour hyperbolique. Nous regretterons juste la fin du livre qui sonne creux, trop creux, comme un meutre inachevé.
Nous retiendrons de Viens là que je te tue ma belle qu’il aborde des themes un peu faciles, que la structure comme le style sont jeunes, comme l’auteur. Ce n’est résolument pas le livre de la maturité mais je pense qu’il faudra compter avec l’auteur ces prochaines années s’il arrive à sortir de cette autoroute sans profondeur, sans aspérités. A se faire prêter ou à acheter, 150 pages qui se lisent très vite et qui permettent de se divertir différemment qu’avec une télévision. A bon entendeur…
Notez que Boris Bergmann a obtenu avec Viens là que je te tue ma belle le prix de Flore des lycéens.