Guillaume dans

From scratch

9 février 2009 par Guillaume

Un jour de plus. Un jour de plus à se coller un fake smile sur le visage. Un jour de plus à prétendre que tout ira pour le mieux ou au pire que tout va bien. Un jour de plus à essayer de cacher le zombie en soi. Le mort-vivant plus mort que vivant qui n’ose même pas parler à la première personne, à se demander si un jour de plus est aussi égal à un jour de moins. L’équation presque sans fin.

Alors oui, il ne va pas bien. Il ne va pas bien mais fait semblant. Faire semblant pour lui implique une réflexion, une comparaison. Se dire que sa vie n’est pas si terrible. Il pense à cette connaissance dont la mère est tragiquement décédée alors qu’elle n’avait pas plus d’une dizaine d’années. Il se dit aussi qu’il n’a jamais manqué de rien, mais vraiment. Mais il ne s’arrête pas là. Il songe aussi à sa vie qui ne sera plus jamais comme avant car on ne retient pas le temps qui passe. Il songe aussi à ceux qu’il aime. Ceux qu’il aime vraiment. Ceux qui lui font avoir des larmes aux yeux dans ses réflexions morbides à penser qu’ils le précèderont, peut-être ; et qu’il faudra à nouveau faire son deuil, celui dont on ne se relève pas.

En tout état de cause il ne comprend pas. Il ne comprend pas comment il a pu en arriver là. Comment de sourire et de rire il en arrive à faire semblant ou comme des soirs comme ceux là, ne plus y arriver. Il ne saisit pas non plus comment cette bête dans son ventre à réussit à faire son nid. Il ne se souvient pas, non plus, du moment où cette voix est entrée dans sa tête. Cette voix qui hurle plus fort que lui ne le pourra. Il ne se souvient pas comment il lui a ouvert la porte. Il ne sait pas s’il retrouvera la clef bientôt.

Alors il fume et se consume. Il fume parce qu’il se sent bien une cigarette à la main. Il sait pourtant qu’elle est nocive et aimerait tant arrêter. Pourtant, pour lui, la cigarette reste le vestige de sa vie passée. Un élément inchangé qui pourtant le tue à petit feu.

Puis revient la tristesse et la colère. Ces choses qui lui font détester ce qu’il est en ce moment. Il est dans un cercle vicieux. Il est triste parce qu’il n’est pas lui-même et en colère parce qu’il inflige ces choses à ses proches, a l’impression de les utiliser pour parler de sa vie sans pouvoir vraiment les entendre eux aussi lui parler de la leur parfois pire.

Ses pensées se cristallisent et il comprend la nature humaine qui est la sienne aussi, en dépit de son état de zombie. Il comprend que l’être humain n’agit qu’en fonction de ses propres mouvements égoïstes mais ne comprend toujours pas pourquoi ce ne sont pas les siennes qui ne passent pas en premier. Il a du mal à arbitrer. Qui de l’un ou de l’autre devrait en avoir la primauté. Alors il se renferme et se transforme, lui aussi mu par ses envies, il devient puissant et ignore tout et fait du mal. Il sait qu’il ne gagnera pas et qu’il regrettera tous ses mots dits, tous ces maux faits.

Il se dit aussi qu’il aimerait qu’on l’excuse, qu’on le comprenne et qu’on soit là pour lui aveuglément car après tout c’est son monde qui s’écroule. Mais il réalise aussi que c’est beaucoup trop demander et pas assez bien payé. Il sait qu’il ne peut pas se prévaloir d’avoir été le seul à avoir eu une année pourrie. Il sait aussi que sa carapace n’aurait pas du lâcher. Il s’en veut d’être un livre ouvert. Lui aussi est égoïste. Alors il y pense. Tout plaquer, tout recommencer, sans plus jamais personne à ses côtés. Il a compris la condition humaine, cette subtilité d’égoïsme nourrie des attaches personnelles. Il s’écrasera et subira. Ainsi soit il.


13 commentaires

  1. Grégoire :

    Tiens bon l’ami, fais pas le con!

  2. loulabyy :

    Chouchou, j’ai lu ce (sublime) article avec Antony and the johnsons « hope there’s someone » en fond. et du coup, ça a fait très cliché. Mais je voulais te dire que je t’excuse, je te comprend, et je suis là pour toi aveuglément même si mon égoisme aurait voulu t’avoir, là, à 200m de chez moi, à rire, à fumer, et à dire du mal des gens.be patient, cette vie là n’est pas derrière nous mais bien devant. Plein de hugs…
    Flo

  3. Guillaume :

    @Grégoire : Ne t’inquiète pas « il » est un peu beaucoup sous pression en ce moment.

    @Loula : Merci mon chat <3, il faut que je te raconte ma première journée et comment j’ai appris que j’allais devenir couvreur. Btw j’avoue que mon article est sublime.

  4. MeL :

    Je confirme ton article est sublime…mais on l’aime aussi quand « il » est heureux ;) C’est une mauvaise passe, j’espère que ça va aller mieux rapidement.

  5. Guillaume :

    @MeL : merci :) Les choses devraient aller en s’arrangeant, on ne sait pas quand mais « il » espère vivre heureux…

  6. Loukoum :

    Darling, heureusement que tu m’as prévenue ;-) et tu sais que je suis là, hein !

  7. cleanettte :

    Y’aurait-il des émanation toxique de spleen sur la région pour que tu cafardes toi aussi?
    On va positiver et se dire que ce vent de tempète va dégager tout ça. Va faire un tour dehors ce matin en prenant garde aux éventuelles chutes de branche, un coups de vent dans le cerveau ça peut lui faire du bien aussi ;-)
    Si tu veux en même tant que de te rendre ton bouquin je te file celui sur la dépression que z’hom à reçu de la sécu quand il était en plein dedans ;-)

    Enfin je confirme que ce billet bien que sombre est aussi très beau et très intense. Sans doute parcequ’il raisonne en beaucoup d’entre nous. Je pense que tout adulte est passé par là à un moment ou à un autre.
    ça passera pour toi aussi en attendant je compatis à ta douleur.

  8. dfromparis :

    C’est le début de la maturité mec, va falloir s’habituer…. Des love et des bises.

  9. Alexandra :

    Quand la joie te tourne le dos
    Pense au bébé cachelot
    Aux buissons chaleureux
    Et aux plaisirs délicieux
    Mais surtout souviens toi
    Mon Guigo plein d’émois
    Que sans bras, ou même sans chocolats
    Tu restes mon prince et mon roi

  10. Alexandra :

    Ceci dit, je m’en vais de ce pas troller le blog de Dfromparis, pour avoir insinué que l’âge adulte rimait nécessairement avec dépression.
    This is spam !

  11. dfromparis :

    > Alexandra: je n’ai pas dit ça… si je sous entends que les illusions sont ainsi faites qu’elle sont bien souvent sacrifiées sur l’autel de la maturité… ce qui, en soi, peut s’avérer une porte ouverte au bonheur, à partir du moment où l’on ne se berce plus de chimères… Après, ensuite, chacun son chemin, on partage un peu quand même, on ne sait jamais ;-)

  12. Guillaume :

    @Loukoum ;)

    @Cleanettte Saint-Dizier serait la ville de la sinistrose ?

    @D C’est chiant de mûrir !

    @Alex Tes rimes sont parfaites, comme toi !

    @D Chacun sa route, chacun son chemin je passe le message à mon voisin.

  13. Cl@ire.net :

    Ben ma petite PB va pas bien alors moi ca va pas bien! pense à moi égoïste va! allez faut courager dans la vie, positive et je t’envoie la grosse dame d’EBRC en récompense ^^ prends soin de toi ou la prochaine fois je te slap vraiment

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