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My private leçon de BLING BLING

février 5th, 2008 by Guillaume

Dimanche dernier en pérégrinant sur dailymotion je suis tombé sur la vidéo d’une chanson écoutée maintes fois l’année dernière. A la vue du clip je me suis dit “Voilà c’est ça ! Elle définit parfaitement le bling-bling”. Pendant que je me remuais sur mon siège de bureau au lieu d’aller dormir j’ai pensé qu’il fallait partager ma “découverte”. D’habitude je mets les vidéos en fin de billet pour ne pas vous obliger à les regarder, cette fois c’est différent, on regarde et on analyse après.

Kelis feat. Too Short - Bossy

Si vos oreilles ne vous font pas soufrir en écoutant autre chose que de l’électro mais que le bling-bling vous ennuie à mourir écoutez quand même la chanson ;-) Pour information, Kelis n’est pas particulièrement connue en France alors qu’elle l’est bien plus outre Atlantique.

Plutôt que de recopier bêtement la “définition” du bling-bling de wikipédia, je la linke. Je reprendrai pas contre 3 citations intéressantes issues du livre Explicit Lyrics : toute la culture rap ou presque de David O’Neil, paru aux Editions Libres en 2007 :

 

  • « Le bling-bling est plus qu’un concept, c’est un mode de vie. Bling-bling, c’est le bruit des chaînes en or qui s’entrechoquent. »
  • « Le bling-bling est souvent un moyen de détourner l’attention de la réalité : il suffit de quelques centaines d’euros de chaînes en or pour renvoyer au monde entier une image de considérable opulence, alors qu’on vit dans la misère. Le prix de cette prospérité factice est donc tout à fait modique. »
  • « Le bling-bling est le symbole de la fierté du “Nigga” qui a réussi sans cesser d’être celui qu’il est. Dans la tête d’Iceberg Slim, ce sont des chaînes d’esclave transformées en or. »

A la première vue du clip on se dit que tous les éléments de rigueur sont réunis, la voiture de sport, la joaillerie, le champagne (veuve clicquot), des vêtements ne sortant pas des dernières collections H&M, la villa et la piscine en arrière-plan, le chien toiletté…même des grillz (les plaques moches sur les dents)…à première vue seulement.

Traditionellement ce sont les rappeurs masculins qui sont mis en scène de la sorte. Or, il s’agit ici d’une femme et tout change. Certes l’opulence est là mais plus soft. Exit les liasses de billets qui volent et toute la flûte habituelle. C’est flagrant mais subtile. Tous les attributs de l’homme exploités par une femme (vous avez vu le tatoo ?). Une nouvelle dimension est ici apportée au bling-bling, celle de l’attitude. On ne voit que très rarement les hommes dominer l’écran et les figurants de la sorte, la suffisance mes amis, la suffisance ! En début de chanson Kelis dit très clairement “’cause I’m a boss”. Le clip et la chanson se font écho, c’est très très fort !
Même si tout cela n’est que poudre aux yeux, à l’avenir si vous décidez de vous la jouer bling bling évitez d’agiter le cash au nez des gens, toisez-les à la place.