Je partage l’avis de Cleanettte dans son billet du jour. Je blog avant tout pour moi, cette page c’est mon journal intime qui a quitté mes cahiers qui me permet une relecture facile et de suivre mon « état » au fil du temps. La prose à suivre n’a pas sa place ici, j’évite de parler de ma vie privée-privée ici et pourtant il est de ces choses qu’on a envie d’oublier tout en voulant s’en souvenir, envie de retracer les évènements pour comprendre. Et, sourtout, permettre à mon esprit manichéen de savoir qui a raison.
Il est 6 o’clock ce matin quand la chose se passe. Je dors paisiblement quand soudain j’entends des cris et des voix énervées. J’ai eu, au début, du mal à mobiliser les facultés intellectuelles pour comprendre ce qui se passait. A ce stade de la narration je dois expliquer que ma mère dort dans mon ancienne chambre située juste à coté de ma nouvelle et que mon père, lui, vit à l’autre bout de la maison. Je comprends que mes parents sont lancés dans une énième dispute, je regarde mon réveil, il est bel et bien 6h du mat’. Deux neurones se connectent et je réalise que mon père est venu réveiller ma mère (brusquement je suppose) pour une raison qui m’est encore inconnue. Du fond de mon lit j’articule qu’en raison de l’heure vraiment trop matinale j’aimerais qu’ils repoussent leur dispute et me laissent dormir. En réalité c’est dirigé vers mon père et ça ressemblait plus « fous-lui la paix, il est 6h, dégage ! ». Trop simple ! On me répond dans les mêmes termes que « ici c’est chez moi, je fais ce que je veux, j’engueule ta conne de mère si j’ai envie ». Merci.
Je me lève et décide de mettre mon géniteur à la porte pour retrouver un semblant de paix tout en sachant que je n’arriverai pas à retrouver le sommeil. Le vieil homme s’accroche, je le repousse, je hurle. Le matin je suis agressif, ce matin j’en avais plus que marre de ces bullshits. Il scande qu’elle aurait pris des documents. Il m’insulte, il l’insulte, me dit qu’il n’en a rien à « foutre » de nous pourir la vie qu’il « est chez lui blablabla ». A l’insulte suivante j’ai dérapé, avant nous nous étions un peu accroché, il ne me laissait pas le sortir de la pièce le bougre. Trop d’énervement. Mes nerfs ont laché, je le pousse plus fort il me saute dessus. Je le repousse, il recommence, je le coince contre un mur et de mes mains ensanglantées j’ai moucheté sa chemise. Je hurle, je suis fou, je pleure. Il part à la cuisine où son eau chauffait. Je lui demande pourquoi il se comporte comme ça, pourquoi s’entête-t-il à détruire le peu qu’il reste de nous. Il m’insulte à nouveau, je suis « trop con », pire qu’un « imbécile » que je ne « veux pas comprendre ». C’est trop je lève légèrement la table à laquelle il est assis et a posé son breuvage chaud du matin pour le brûler. Je réussis il devient fou, me ressaute à la gorge me frappe dans le ventre et au bras. Je reprends mon manège à le pousser. Ma mère tente de s’interposer et je l’évince. Je suis furieux, dans un état second. Le vieil homme est à terre pour nettoyer les résidus de boisson chaude, je renverse la table sur lui en m’assurant d’un oeil qu’il ne la prendra pas directement sur lui, il l’évite. Les insultes fusent. Mes nerfs continuent de lacher complètement je m’enferme dans ma chambre, je continue de pleurer et de hurler. J’enfile rapidement un jean et un pull. Je fuis la maison. Je rentrerai un quart d’heure plus tard pour prendre une douche et me préparer pour aller travailler. J’ai les joues humides, les dents serrées et toujours les mains en sang.
J’ai écrit, je ne sais toujours pas qui a raison, j’estime que mon emportement est légitime, j’en ai marre d’être ignoré dans ce divorce, j’en ai marre d’être considéré comme moins que rien, j’en ai marre qu’on me fasse du chantage à longueur de journée et de me faire doser à chaque fois que je passe la porte d’entrée. Présentement je me retiens, jamais ma haine pour une personne n’a été aussi forte. J’aimerais pouvoir tuer mon père.
J’aurais aussi aimé avoir une peau qui marque pour pouvoir porter plainte contre lui.
Seulement non, la situation est toujours au même point, ma mère craignant de se retrouver sans le sou au divorce ne veut pas quitter la maison (rapport à l’abandon du domicile conjugal) et c’est toujours le même qui trinque pour les bêtises des autres et pour essayer de clamer les choses (sauf ce matin).
On m’a proposé de passer quelques jours à Paris la semaine prochaine, je vais me faire excuser du bureau et faire en sorte de quitter cette maison de dingues quelques jours.
Dans la voiture direction le bureau, mon CD en random a décidé de jouer Glory Days de Just Jack, quel sens de l’à propos !
Life really sucks sometimes !
Moralité, c’est pas évident de commencer la journée par un coup de poing de son père.