Archives Posts
Les nouvelles du front (et de ma gorge)
Mafalda / Casimir,
Tu sais que j’ai environ un million de choses à te raconter et que ce million sera vraiment filtré à cause de ma mémoire de poisson rouge mais qu’il te faudra attendre puisque je suis présentement en train de décéder de la grippe ou du rhume on ne sait pas trop et des 48° de fièvre que je subis.
La maladie a un effet bizarre sur moi. Pour que tu puisses mieux comprendre je ne suis quasiment jamais malade (une fois par an, bitures exclues) grâce à mon système immunitaire premium et que le moindre symptôme de faiblesse se traduit en moi par une simple envie de mourir ou la perte de tous mes repères (la bienséance en est un). Je vais te décrire la situation dans laquelle je me suis retrouvé lundi et comment j’ai évité la prison pour homicide volontaire commandité et réitéré. Tu me passeras l’acception juridique, mon core business c’est les système d’information pas la qualification pénale des crimes de sang.
2 minutes j’ai du faire une pause facebook, j’ai du mal à me concentrer avec tout ce paracétamol dans mon corps.
Je te disais que j’ai failli aller en prison. Quand je suis malade j’ai tendance, à plus forte raison qu’à mon habitude, à détester les gens. Quand je dis détester je me censure. Pour bien comprendre ce que je ressens (je ne vais pas te faire une dessin) je vais simplement dire que le moindre contact humain me donne envie de vomir mes boyaux au monde, de crever des yeux avec une cigarette et d’arracher des têtes à mains nues. Ainsi, lundi alors que j’étais à Paris pour un entretien (fais moi penser à te raconter mes aventures en entretien quand j’aurai trouvé un stage, tu seras bien urbain) j’ai été, de prime abord, trop maintes fois sollicité par des indigents dans les couloirs du métro, dans le métro, et sur le parvis de la gare de l’Est. J’ai pourtant l’habitude de ces sollicitations auxquelles je réponds la plupart du temps par un sourire compatissant tout en exprimant mon désarroi de ne pas avoir la moindre féraille sur moi (ce qui est vrai, qui paye encore en pièces de nos jours ?). Or, lundi, bien qu’étant pourvu mon monnaie sonnante et trébuchante j’ai été mis hors de moi par ces sollicitations intempestives quelques jours avant Noël.
Dans mon cerveau ratatiné par mes 48° de fièvre ça a fait tilt « la manche c’est un business, Noël mes fesses, tu ne tireras pas sur ma corde sensible ! ». C’est ainsi que j’ai brusquement abandonné ma table et mon verre de coca light d’un troquet de la gare alors qu’un pauvre monsieur venait me réclamer l’aumône ne le laissant pas finir son discours et le fustigeant du regard le plus noir. Contact humain + saleté étaient l’addition de trop dans la journée, du moins le croyais-je.
L’histoire, qui malheureusement pour toi qui lis ce texte, ne se termine pas ainsi. 11h15, mon TGV est annoncé voie 25, je monte dans la voiture 17 et m’approche de la place 38. Une seule personne dans le wagon, je sais dès lors qu’avec ma chance cette personne sera mon voisin pour l’heure à venir (le train était complet avant de prendre son départ). Qu’il en soit ainsi, je peux très bien prétendre être seul dans ce wagon. Mais non je n’ai pas réussi. Le train quittait à peine son stationnement que mon voisin décidait de sortir son iPhone et de s’écouter Magic System vol1, 2, 3, 4, 5, 6 etc. à plein volume ne me laissant aucune chance de ne pas entendre les paroles. C’est les yeux révulsé que je tente une dernière fois de croire au silence autour de moi, la fièvre me faisant perdre la boule je me croyais invincible, quand le téléphone de la dame derrière moi sonne. Une Luxembourgeoise à moitié sourde que c’était ! J’ai donc pu profiter à la fois de la conversation téléphonique dans cette boue linguistique qu’est le luxembourgeois (encore heureux qu’elle n’était pas Suisse-Allemande) et d’un fond sonore plus que boueux, lui aussi.
Si j’avais été Hulk je serais devenu tout vert (pas à cause de la nausée, hein) et j’aurais tout cassé. Seulement non, j’abandonnais les dernier instant de lucidité pour entendre la grand-mère devant moi (qui elle aussi avait passé une partie de son temps au téléphone) s’insurger contre mon voisin en lui demandant « s’il vous plaît d’éviter de faire partager à tout le train votre musique ». Villmolls merci, la vieille !
En arrivant j’ai minimisé tout contact humain et me suis évité la prison car j’étais à 2 doigt du gros breakdown et j’aurais pu passer à l’acte…
Heureusement pour moi, dans ma mail box j’avais reçu un courrier assez aguicheur où je me voyais entouré d’une dizaine de chagass scandant mes prouesses sportives (les pauvres, si elles savaient) et arborant fièrement mon autographe ! La preuve :

Cette sympathique attention était aussi accompagnée de quelques lignes me disant que je pourrai rencontrer mes admiratrices si j’étais parmi les 25 meilleurs joueurs sur getinthegame.fr Crois moi que je suis bien décidé à les rencontrer et à les apprécier quand ma maladie aura enfin décidé de m’abandonner. 10 filles c’est tout ce qu’il me faut pour compenser mon asociabilité des jours derniers
.
Pour ton info, il ne s’agit pas d’un réseau de prostitution camouflé (je viens de regarder la saison 4 de The O.C. et plus précisément l’épisode dans lequel Kirsten découvre que Julie gère un réseau d’escorts dans son dos) mais d’une soirée à laquelle toi aussi tu pourras être convié. J’ai aussi envie de te dire que les jeux proposés sur le site sont presque plus addictifs que Geo et Word Challenge sur facebook car vraiment plus simples
.
Je ne t’embrasse pas tu risquerais de tomber malade pour tes repas de fête avec ta bonne maman et ta tantine. All the best !
P.S. : Je sens que la maladie faiblit mais je ne t’ai jamais fait cette révélation, il se pourrait que je connaisse un nouveau pic qui tomberait exactement en même temps que le diner du réveillon ou du repas de la Nouel
Tu auras aussi l’intelligence de prendre certaines bribes de ce billet au second degrés ou de comprendre que la fièvre me fait vraiment délirer.